Sprechen Sie deutsch ?

22 09 2008
Aigle - Brig 126 km
Album : Aigle - Brig 126 km

6 images
Voir l'album

       Aigle, c’est encore un peu la France, même si les gens sont bizarres et les prix exorbitants. Au jour d’hui, début (oh, petit début) de l’aventure : les langues étrangères…Dans le haut du Valais, on parle allemand. Ou plutôt Schwitzdeutsch. Après deux ans de non pratique, j’avais un peu peur. Mais finalement après cinq minutes de conversation, ça se débloque. Et pour des gens comme nous, qui avons appris l’allemand au Tyrol, le Schwitzdeutsch si redouté, c’est de la rigolade. Enfin presque. Mais les gens sont gentils, ils parlent lentement.

       Bref. Au jour d’hui, de la brume qui nous cache les montagne, mais finalement tant mieux sinon nous aurions trop regretté de ne pas nous arrêter, des vergers pendant 100km et des coteaux chargés de vignes. Le raisin, noir ou blanc, est excellent, et pourrait presque être du raisin de table sans sa peau trop épaisse. Et surtout, il y a du vent. Dans la bonne direction. Et sur la route toute plate du fond de cette immense vallée en auge qu’est le Valais, ça file. Trente, trente cinq…A treize heure, nous avons parcouru 60 km malgré une pause de trois quarts d’heure. Dans une grande ligne droite, la tête dans le guidon (il n’y a rien à voir puisqu’il y a de la brume), Jb dépasse Bruno, un grand sourire aux lèvres (héhé, je vais plus vite). Daft Punk dans les oreilles, équipé d’écouteurs Phillips derner cri, il n’entend plus rien. Il roule.

        La route défile, il rentre dans un tunnel. Du coin de l’oeil, il aperçoit un panneau d’interdiction aux cyclistes.

- Fi ! Ca fait vingt-cinq ans que je roule, et ça fait vingt-cinq ans que je grille des feux. Ce n’est pas parce que je suis en Suisse que ça va changer !

Un tunnel, en vélo, c’est dangereux. Donc interdit.

JB entre dans le tunnel, parcoure dix ou vingt mètres, puis attends Bruno pour faire une photo. Il attend, il attend. Il n’arrive pas. Flûte, il a dû prendre la piste cyclable. JB sort du tunnel, pas de Bruno. Il attend. Où est-il ?

S’en suit une course-poursuite à l’aveugle dans les rues de Sierre qui va durer quarante minutes. Toute l’avance grapillée grâce au vent est perdue. JB croit Bruno devant, mais se doute qu’il a dû attendre quelque part mais où ? Et pareil pour Bruno qui croit JB devant mais pense bien qu’il a dû faire une pause pour l’attendre mais sur quelle route ?

Nous devons notre salut à une charmante dame, en voiture, qui enjoint à JB de rester sur place pendant qu’elle va chercher Bruno qu’elle vient de voir. Merci madame !

Retrouvailles tendues. Eh ben, qu’est-ce que tu fais ? Tu pourrais allumer ton portable, bon sang ! Et toi, tu pourrais respecter les panneaux ! Ambiance ambiance…On sort de la ville. Moralité, si tout le monde respecte les lois, alors tout est en ordre et il n’y a pas de problème. Bruno 1, JB 0.

       Comme il est tard, pique-nique sur une pelouse. Le soleil commence à percer et on ferait bien une petite sieste en admirant les châteaux perchés sur les coteaux à l’entour. Nous sommes passés dans un village jumelé avec un village alsacien. Ce n’est pas pour rien : vignobles en terrasses, châteaux, églises et tours en haut des buttes parsemant le fond de la vallée, et, dans la brume, des montagnes qui paraissent immenses (nous passons, sans la voir, au pied de la plus grande concentration de 4000 des Alpes).

        Après le repas, le vent a encore fraîchi et malgré la digestion d’un excellent fromage suisse et un peu de fatigue, le départ est tonitruant. Bruno déchante vite. Il a l’impression de traîner derrière lui un âne mort lesté d’un sac de ciment. En fait, la roue de sa remorque est à plat. Arrêt, pour la première crevaison du voyage. Réparation rapide, ou à peu près, car le vent et les voitures empêchent de trouver la fuite à l’oreille. Re-départ. Et re-arrêt deux kilomètres plus loin. Bruno, tu aurais dû mettre plus de colle ! JB se met au travail. Et re belote. En fait, la punaise maudite avait fait deux trous et non pas un…

Re-démontage, re-collage et c’est reparti.

       On arrive à Aigle autour de 17h30. Premier test de l’hospitalité suisse concluant. Un généreux curé nous paye l’hôtel pour la nuit. Notre badge de grand aventurier attendra encore un peu !


Actions

Informations



3 réponses à “Sprechen Sie deutsch ?”

  1. 23 09 2008
    Pierre (12:41:18) :

    Le gentil curé d’Aigle ne s’appellerait-il pas Michel de Kergariou ? Si oui, cela ne m’étonne pas qu’il vous ait fait ce petit cadeau … C’est l’oncle et parrain de ma moitié !!! Etes-vous passé par Saint Maurice, 20 km au sud d’Aigle ? Là-bas se trouve une magnifique abbaye dans laquelle vivent des chanoines de Saint Augustain

  2. 23 09 2008
    elisabeth (15:10:59) :

    c’est mon parrain à moi!!!! tu me le confirmes ? allez les mollets….

  3. 2 01 2015
    immobilier (17:22:20) :

    fabuleux article, merci bien.
    immobilier http://www.courtierimmobilier.eu

Laisser un commentaire




Le chat mallow Mali 2 |
le bout du monde ou l'île d... |
alexandracha |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Le Souterroscope de Baume O...
| Riad Imourane
| Carnets de New York