Râ, Râ, Râ

15 01 2009
Louxor, vallée des rois et temple dHamon
Album : Louxor, vallée des rois et temple d'Hamon

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Louxor et Karnak
Album : Louxor et Karnak

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Râ ! Râ ! Râ !

Ce n’est pas la PLM (Paris Lyon Marseille… vieille compagnie de train, pour les jeunots.), mais c’est tout comme. 9h30 à l’aller, 10h au retour, des wagons gris de poussière, une locomotive qui halète, des vendeurs de thé et de sandwichs SNCF dans les couloirs : retour à l’âge du chemin de fer. L’Egypte a ceci de bien qu’en dépit d’un dépaysement certain, on retrouve parfois les traces de très anciens rapports, pas toujours très équilibrés peut-être, avec l’Europe. Nous voyageons, donc. A l’ancienne. Pas comme des bobos occidentaux modernes et masochistes, ni comme des hommes d’affaires pressés qui se déplacent plus qu’ils ne voyagent. Vive le train ! Il m’entraîne au bout de la nuit, le tchoutchou de minuit, il m’entraîne jusqu’à la folie. Car oui, bien avant les Romains, ils étaient fous, ces pharaons !

Louxor, ses temples, ses calèches, ses cargos porte-touristes, son ciel bleu, et son désert. Trois jours pour admirer l’Egypte ancienne. C’est peu ? Certes, mais c’est loin de la Méditerranée. Nous sommes presque sous les tropiques. Dans le désert, la vallée des Rois est assommée de soleil. Sous la terre, un univers de bleu, de rouge et d’or. Au pied de la montagne sacrée, une ligne droite : limite entre le sable et les champs. Entre les deux, des temples grandioses, écrasants de majesté ou ravissants par la perfection de leur sculpture et de leurs couleurs. Bref, l’Egypte. Il y a tout et nous avons du mal à le croire, avec notre référentiel occidental. On admire : que faire d’autre ? Et inconsciemment, on compare. Oui, c’est plus grand que Baalbek. Oui, c’est mieux peint que les Météores. Flûte. Que va t-on devenir ?

Rassurez-vous, on se contente de se poser la question et, pas fous, on rentre. Tout est plus humain dans la ville arabe. A Louxor, nous sommes en territoire connu : on refuse les balades en calèche, les lunettes de soleil, les traversées en felouque, les bakchichs de tout poil et les oranges à dix livres le kilo. On se bat, on marchande, on se fâche, on s’impatiente et en fait, même si c’est pénible, nous ne sommes pas si malheureux : ô, joie de voir un touriste se faire embobiner ! C’est curieux, ce pays où soixante millions d’habitants et des monuments d’il y a cinquante siècles cohabitent sur une bande de terre d’à peine vingt kilomètres de large. C’est difficile à appréhender et d’ailleurs, nous fuyons… Sur la terrasse de notre hôtel propret et à la limite du gratuit, nous sommes bien.

Et puis, par contraste, que nous apprécions le calme de la campagne et l’accueil de ses habitants ! Dès qu’on s’éloigne des quartiers touristiques, les hommes-calèches sont bien moins oppressants et c’est les taxis collectifs nous emmènent dans ses villages en torchis. Le pick up file sur une route cahotante, on est balloté sur la plate forme arriére, pour s’arrêter, il suffit de taper sur la vitre et de sauter en marche. Encore un rêve de gosse réalisé . A l’intérieur, bien souvent, des femmes, toute de noir vêtues, elles nous indiquent le prix, on peut leur faire confiance. Dans ce pays, si vous voulez une information fiable, adressez vous d’abord aux femmes. La main vissée sur le klaxon, le chauffeur compte sa recette en slalomant entre les anes, les mobylettes, les carrioles et ses collègues. 1 LE la course… 14 centimes d’euros, et ce, même pas négocié. Comprenez maintenant pourquoi on negocie 6 verres à 20 LE au lieu de 25. 5 LE, c’est le prix d’un Kochari !

On saute du pick up pour atterrir dans un village bordant le Nil. Une famille Copte nous invite. Suspicion, pas de Bakshichs ?? Sur ?? On tente notre chance et on s’engouffre dans un jardin aux allures d’arche de Noé. A coté d’une vache française, un ane broute entre des poules et des canards. Dans le fond du jardin, un four a pain en terre cuite fait la fierté de son propriétaire. Présentation, photo, rigolade, on prend finalement le thé en discutant, normalement. Dans le quartier-cimetière du Caire il y a des souffleurs de verre fort sympathiques, et dans les banlieues de Louxor on croise des enfants qui jouent aux billes. Entre les champs irrigués où poussent le persil, la canne à sucre et la patate douce, on marche sur des murettes, le long du Nil, sous les palmiers et les bananiers, dans la lumière rouge du soir. C’est aussi ça l’Egypte : un peu d’Afrique, un peu d’Arabe, des traces de France, et plus du tout de Méditerranée !


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9 réponses à “Râ, Râ, Râ”

  1. 15 01 2009
    Marraine (19:16:34) :

    Ouf, je suis rassurée, ils existent encore ! Je pensais que, n’ayant pas Idéfix avec vous, vous étiez restés enfermés au fond d’une pyramide avec vos vélos. 8 jours sans nouvelles !!! Ca n’est JAMAIS arrivé ! quelle inquiétude pour nous ! Le sevrage ne doit jamais être aussi brutal, il faut y aller avec mesure ! Nous étions en manque total !!! Mais non, les revoilà, au bord du Nil, pas de crocodiles en vue j’espère… Les aventures continuent, notre lecture reprend, tout va bien !
    Bises et à bientôt maintenant … Vous arriverez pour la fonte des neiges, ce sera bien ….

  2. 15 01 2009
    Delphine (19:55:21) :

    Salut,

    Quand quittez-vous l’Egypte pour la Libye ?
    Etes-vous toujours au Caire ?

    Bise, à bientôt Inch’Allah

  3. 15 01 2009
    mum (20:12:09) :

    C’est vrai ça! Elle a raison mâârraine, faut pas nous faire des coups comme ça,ici il y a les rhumes, les grippes, le verglas qui nous transforme en Nijinski,les grèves diverses …Bref, tout un tas de choses stressantes ,et pour se décontracter, nous avons BESOIN de nos posts réguliers !
    Nous attendons les photos des gaulois chez pharaon;
    Bisous plein

  4. 16 01 2009
    camille (08:39:47) :

    he oui tt le monde s’inquietait , on passait repassait et trjs aucunes nouvelles mais ou sont ils???? bon il faut juste les photos !!!! merci merci et a tres vite

  5. 16 01 2009
    florian et robin (09:00:36) :

    bonjour ca va vous, en Egypte ? y doit faire chaud parce ici il ya des plake de glace et y fait froid

  6. 16 01 2009
    PB (10:23:14) :

    Ainsi soit-il (ou plutôt ainsi soit le Nil) ils sont de retour!!! Profitez bien du soleil et des pyramides! Car ici c’est le pire humide! Passez le bonjour à Amonbofils et Malococcis de ma part. Le bécot. pb

  7. 16 01 2009
    vince Bighouse (11:32:51) :

    Les loulous,

    A quand une prose en Alexandrin?..

    Dur et exigeant les blogueurs..

    Comme le dit si bien mon pti PB (ou Pubis), saluez Itinéris, les brebis et Sépagratis pour nous..

    BIses

  8. 17 01 2009
    ecureuil (13:26:00) :

    Bon, ce n’est pas que le blog de JB mais d’une équipe plus que soudée, véritable tandem humain où le ying roule avec le yang, Brubru tu as aussi tes supporters, de ces origines dont tu reflètes si bien la discrétion….

    Les 2 se taisent ? bien sûr, comme le vent ils filent. Et si la connexion wifi ne passe pas à travers les parois des pyramides, ils insufflent quand même leur energie tout au long de leur passage… tellement qu’il faut parfois les regonfler un peu… on est là les gars, on a maintenant envie de voir ces lieux que le tourisme nous faisait fuir.
    Votre capacité de motiver à distance est impressionante ! on en reste sans voix….

    Bisous

  9. 18 01 2009
    Lily (10:29:08) :

    Je ne doute pas que sauter d’un pick up en marche soit exaltant, mais avec un vélo…ça me semble compromis. Et puis les autres voyageurs auraient sans doute rouspété.
    Donc, qu’avez-vous fait de vos vélos!?

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