Le tour du jardin

19 02 2009

Barcelone – France

Les articles sont beaucoup moins réguliers depuis un certain temps… excusez-nous. Depuis deux jours maintenant, nous avons posé le pied sur le sol de France. Entrer ici, c’est passer le pas de la porte. On est déjà un peu à la maison. Après avoir enjambé la grille Europe puis traversé le jardin Espagne, on a déboulé dans l’entrée, sans même frapper. C’est  un peu la fin du voyage, et disons-le, il nous est un peu plus difficile d’écrire : on attend le 7 mars et, d’ici là, on profite de la France et on pédale. La question de l’inconnu n’est plus vraiment un problème depuis que l’on peut demander son chemin, le téléphone est là, bref, il ne nous reste plus qu’à rentrer dans le salon. Toc toc il y a quelqu’un ? Ce passage de frontière, nous y pensions depuis la Croatie… De pronostics en conjectures, nous avions imaginé des plans A, des plans B des plans C, des soirées entières devant la carte à penser: comment ça allait bien pouvoir être, quel allait être notre état d’esprit. On en rêvait de notre belle frontière, et finalement, tout comme le voyage, tout ça est passé bien vite, sans presque s’en rendre compte. Sans presque… Car notre dernière journée en Espagne fut un peu spéciale. Sorte de veillée d’arme avant l’assaut final, cette journée, nous l’avons chacun passé dans une bulle. 

Quitter Barcelone après un week-end de patachonage intensif n’a pas était une mince affaire. Longeant la côte, nous avions deux paires de chamalows à la place des jambes. Au troisième kilomètre, nous étions moins en forme que trois jours auparavant après une étape de 185 km. L’accueil de  Martin le cousin de JB a été à l’image du personnage et de sa ville. Festif, tordant, énergique, ensoleillé… Merci Martin, grâce à toi, on a décidé d’arrêter le vélo, on se met au surréalisme. Quitter Barcelone c’était déjà un peu quitter l’Espagne pour rentrer à la maison. Obliquant dans les terres, on se retrouve pour la troisième fois en moins de deux semaines en plein hiver, après deux printemps, un été, quatre automnes. Pendant 5 mois, nous avons vécu des amplitudes thermique pour le moins oscillantes, et cela ne semble pas être terminé. Après avoir tâté du climat méditerranéen nous voilà en plein hiver. Les arbres n’ont plus de feuilles, les chênes lièges remplacent les champs d’orangers, les roches blanches brulées par le soleil cèdent leur place à de petites collines, les stations balnéaires se font petits villages construits autour d’un clocher, au loin, les Pyrénées enneigées nous narguent, ça et là, on croise de vieux panneaux Michelin : on rentre en France par la case paysage. 

Dernière étape officielle à l’étranger, mais dans nos têtes, on a déjà un pied à la maison. Une étape émotion en quelque sorte. Certaines images du voyage repassent. Des souvenirs, sans réel lien entre eux, une sorte de vaste bazar d’où l’on essaye de trier entre les moments difficiles et les moments d’exaltations. Cinq mois sur la route, au jour le jour, c’est long. Les journées s’enchainent, toutes différentes avec leurs lots d’imprévus. On se lève le matin sans savoir où l’on va atterrir le soir. C’est agréable, c’est ce qui nous fait avancer, mais c’est parfois usant. Le temps a une autre échelle, il coule différemment. Le voyage décuple les émotions, on peut passer du tout ou rien en quelques minutes, puis finalement, au bout de cinq mois, on se dit que tout ça est passé bien vite. Cinq mois, ça reste cinq mois. Ca y est, c’est fini ? En partant, nous avions une drôle d’appréhension face à ce facteur « inconnu ». Nous avions coutume de dire « On sait ce que l’on quitte, on sait ce qui va nous manquer, mais on ne sait pas ce que l’on va trouver. » Alors, JB et Bubu, qu’avez vous donc trouvé ? 

Dure question, très personnelle, à la réponse encore un peu floue. On sait surement un peu plus ce dont on est capable, on a peut être aussi constaté que beaucoup de choses sont relatives, que d’autres le sont moins, notre échelle de valeur s’est un peu déformée… Pour autant, est on allé au bout de nous mêmes ? Non, on ne croit pas. Par chance, finalement on n’a pas eu tant de problème que ça. A aucun moment on s’est senti en danger ou complètement à bout. Et quand ça n’allait pas, comme au Caire avec cette attente interminable, on a eu la chance d’avoir la famille ou les amis pas loin. 

Les conclusions, on les tirera plus tard, et l’objet de cet article n’est pas d’étaler nos sentiments où nos réflexions d’apprentis voyageurs. L’idée est peut être plus de s’adresser à ces élèves qui nous ont suivis. Sans pour autant faire nos grands frères, on voudrait insister sur l’importance d’avoir ses projets, ses ambitions et ses rêves, et surtout, de se donner les moyens  de les réaliser. Cette aventure, nous a sans aucun doute permit de grandir. Et grandir, on a coutume de dire que c’est comme construire une cabane en bois.  On se promène, on regarde, on trouve un endroit qui nous plait et on se lance. On coupe une branche par ci, on dégage des feuilles pour avoir une éclaircie, pose un étai par là, on fait des noeuds. Petit à petit, on construit un petit toit, ça s’élève puis vient  un coup de vent et tout s’écroule : il faut tout recommencer. Et un jour ça tient, le toit résiste aux petites averses,  hourra ! La cabane finie, on entre dedans et on se demande bien ce que l’on va pouvoir faire, on s’ennuie un peu… il est temps de passer à la maison en dur. 

Ce périple, c’était un peu notre cabane en bois. Maintenant qu’on a mis un pied en France, il est temps de passer à la maison. En tout cas, le loup aura beau souffler, notre cabane, elle tient, na ! 


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Une réponse à “Le tour du jardin”

  1. 19 02 2009
    Martín (14:01:52) :

    Merci a vous, courage c’est bientot la fin, je lis donc que le we fut plus que dur que vous ne le pensiez, vous avez maintenant le temps de prendre un peu plus de repos a marseille, satane vent, pourtant vous etiez un peu prevenus, heheh, Ala Venga, fuerza y animos, ya estais, encore merci et a bientot
    M.

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