Supplique pour aller dormir sur la plage de Sète

19 02 2009

 Canet en Roussillon – Agde

Barcelone - France
Album : Barcelone - France

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Le jardin, le jardin…peut-être ! Mais elle se mérite, la France. Dix kilomètres avant la frontière, alors que nous redescendons sur la côte, elle décide de nous souhaiter la bienvenue. Le vent se lève. Pas un petit vent, non, une grosse tramontane glaciale, orientée le long de la route, bien comme il faut, en pleine face. 40 kilomètre heures d’après notre Météo France retrouvée, avec de bonnes rafales à 70. En passant la frontière, nous posons le pied. Même debout, nous sommes déséquilibrés par les rafales. Tant que nous sommes le long de la côte montagneuse, ce n’est pas dramatique. On retrouve de petits ports aux noms qui chantent, des noms connus : Cerbère, Port-Vendre, Collioure, bien abrités du vent, ensoleillés, avec leurs places de platanes et de bancs publics où nous nous émerveillons sur la richesse des produits culinaires que peut contenir une supérette : le bonheur. Et puis nous arrivons dans la plaine du Rousillon. Et là, c’est l’apocalypse. Nous avançons à 15 kilomètres heures, nous fleurtons avec la glissière et les voitures, nous sommes couchés sur les guidons, nous prions pour une haie de cyprès ou un bosquet de roseaux qui nous fera gagner quelques mètres, mais rien, ou presque, n’arrête le vent. A Canet, le soir, où nous fêtons le retour d’exil, après une toute petite étape, le curé nous confie : « ah, le vent ? Non, demain, ça souffle aussi. Ici, ça peut souffler le mois, toute la journée et toute la nuit. Il paraîtrait que c’est ce qui forge le caractère catalan… enfin moi, je ne suis pas d’ici, hein ! » En tout cas, ça fait plaisir. D’autant plus que nous aimerions bien être à Marseille vendredi. Une nuit à Sète, une autre en Camargue, nous avions tout prévu.  Sauf que ça souffle. Ca souffle toujours, et toujours plus fort. Entre la mer et les étangs, rien n’arrête le vent. Sur la route de l’intérieur, il y a quelques collines mais pour atteindre Narbonne, que c’est long ! Une heure, deux heures, trois heures, ça n’avance pas. JB finit dans le fossé, Bruno serre son guidon à en avoir mal aux bras, et en plus, le soleil se cache et il fait froid. On n’atteindra jamais Sète aujourd’hui. Pitié, le vent, un peu moins fort ! Attends demain, qu’on soit passé ! Allez, s’il te plait… Mais rien, toujours pas de réponse dans le vent et nous sommes épuisés en arrivant à Narbonne. On voit de loin une cathédrale ensoleillée et on file sur Bézier. Et là, c’est la surprise. Peut-être est-ce un simple effet du relief, peut-être nos plaintes ont elles été entendues, toujours est-il que ça va mieux. Le vent a faibli, mais il a aussi tourné le long des collines et nous aide ! Alors, là, enfin, on profite de la France. Les deux premiers jours on été très durs, mais enfin, là, on quitte une petite ville sur son rocher dominée par sa cathédrale dorée, et on roule entre deux rangées de platanes, le long d’un grand canal, sur une belle nationale toute droite : le bonheur. On n’atteindra pas Sète, mais nous dormons à Agde : bof, vingt kilomètres, mais c’est la même plage… 


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3 réponses à “Supplique pour aller dormir sur la plage de Sète”

  1. 19 02 2009
    camille (19:30:11) :

    derniere ligne droite !!!!! encore bravo !!!! pause a marseilles de plusieurs jours???

  2. 26 02 2009
    Gaëlle (16:49:30) :

    Plus que quelques jours les gars ! Bravo, chapi, chapeau. On est bien contents de vous retrouver. En attendant, si j’ai bien suivi, c’est la tournée des squats de cousins (Lyon chez Sophie ?) et de frérots ! N’oubliez pas de photographier sous tous ses angles notre douce France. Besos

  3. 2 08 2011
    stephanie (10:38:29) :

    bonjour
    Quel beau récit de voyage tu as réussi à captiver mon attention tout au long de ton aventure et oui j’ai partagé des beaux moments avec toi

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