L Andalousia

2022009

 

Seville
Album : Seville
Appareil photo d appoint...
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Zwoooooing… zningdzing ! dilidiiiiing !

 

Depuis le temps que je pédale sur cette ligne droite

je sens la pluie et la bourrasque sur ma joue droite

j’ai senti l’orage approcher, et j’ai rabattu ma visière

j’ai vu les éclairs, la glissière, et les champs, derrière

 

 Touloutoutoutou

 

Dans les premiers moments j’ai cru que ce ne serait qu’une averse

mais les routes sont inondées, et les talus s’affaissent

la sacoche même prend l’eau, on a passé un ru à gué,

l’eau a la couleur de la boue, Eole est fou, il rend taré

 

Est ce que ce sont des vacances….

Est ce que ce sont des vacances….

 

Andalousie, je suis transi, les taureaux sont de bons amis,

on dort chez eux entre les bouses : ils regardent, surpris.

On traverse les haciendas, on passe des bornes à la pelle,

ce soir la route de l’Olivier aura un record personnel

 

Quelle eau cruelle sur les cailloux…(bis)

 

Depuis qu’on est à Gibraltar je fais que demander la route,

les gens passent sans s’arrêter, sans me voir, sans doute…

Il a volé mon appareil, malgré notre hébergement de pope

on n’était pas assez méfiant : c’est pourtant l’Europe !

 

L’eau chaude coule, sous la douche, c’est fou comme ça peut faire du bien,

j’ai prié pour du beau demain, Andalousie… je me souviens

je gratte, je frotte, comme c’est sale ! J’aère, je sèche, tout avait moisi,

les taureaux doivent avoir des sabots palmés, belle Andalousie..

est-ce que le monde va sécher…

 

tudududu…

 

Est-ce qu’on pourra enfin bronzer….

si, si, hombre hombre, pedalos nostros, cyclistos… parigos rhumos….guidas usas…

courbaturos…venga venga pedalas !

Ahlalaï pastaï, lardonos… cathedralos…

povros nodos… mondos duros…

Dodododos…

 




Le Domaine des dieux

30012009

Volubilis, plateau et Rif
Album : Volubilis, plateau et Rif

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Sortez de Meknes et prenez plein Nord. Traversez les champs marécageux en suivant les cigognes. Entrez dans la plaine verdoyante et moulinez sur la grande ligne droite. Ca freine ?? Ne vous en faite pas, faux plat montant jusqu’au quatrième cactus à droite. Franchissez l’oued et …  CHANCE !!   piochez une carte Tajine et continuez tout droit sans passer par la case fringale ! Quand au bout de la plaine vous apercevez le Rif marocain coiffé d’un manteau de nuages, tournez l’oeil à droite et contemplez Moulay Idriss. Alors, vous voyez ?? N’a-t-elle pas une forme de chameau cette charmante bourgade ? Non ?! Ok, alors passez votre chemin. 

Continuez jusqu’à l’obstacle, passez l’âne et dites bonjour aux gamins cachés sous le tas de carottes. 300 m plus loin usez de votre avance pour gonfler la roue du petit Abdou. Toujours là, c’est ok ? Alors on continue. Longez les cactus, passez la djellaba, résistez au vendeur de cailloux rocheux, tournez à gauche, vous y êtes.

Bienvenue au Domaine des Dieux

Domus « Meus Pedalius »

3 via Cadrus Trekus (route de Tanger)

3ème colonne à gauche, derrière le bassin d’Hercule

VOLUBILIS cedex XVI

Sonnez à Cailus Brunus Jibus

Madame, Monsieur

Comme convenu, vous trouverez ci-joint un carton d’invitation pour l’inauguration de notre domaine. Pour fêter le presque tour de
la Mare Nostrum  le nouveau lotissement de Volubilis fait peau neuve. Calmes, aérées, bénéficiant de l’eau stagnante et d’une vue imprenable sur le Rif, nos villas peuvent se targuer d’avoir parmi les plus belles mosaïques de l’empire. Des douze travaux d’Hercule à la mythologie, de la chasse aux lions  aux combats de gladiateurs,  des courses de bourricots aux fêtes de Bacchus, notre maison témoin vous présentera quelques échantillons des meilleures créations de nos ingénieurs de surface. Les porteurs de laticlave se verront offrir un jus de cactus gratuit.

Sur une surface de 1200 m2 tous nos logements s’organisent autour d’un atrium agrémenté en option d’un solarium. C’est la crise dans l’empire, alors dépaysez-vous.  Le sénat bat de l’aile, humez les épices de Casa.  La plèbe lustre les pavés, lustrez vos chandeliers.

Alors n’hésitez pas. Mangez du vert, prenez l’air, Volubilis, c’est mieux que la saucisse.

Les hébergements les plus proches sont facilement accessibles, au pied du plateau. Traversez la pelouse sur cent kilomètres, tournez à gauche, vous trouverez tout le nécessaire à Ouezzane. Enfin, des excursions de deux jours vous conduiront, à travers le Rif, jusqu’à la Méditerranée, Tétouan et ses ruelles blanches, Tanger et son port. Attention néanmoins aux routes marocaines, qui au contraire des Marocains sont peu accueillantes : sous des abords sympathiques ( goudron lisse, ligne blanche, air de nationale bon teint, elles cachent une âme sordide qui s’extériorise par un brin de sadisme : dès qu’on est en haut, ça monte encore, et quand c’est plat, c’est en général faux. Heureusement, la société d’exploitation Volubilis et Cie vous facilitera les démarches et les dérailleurs de façon à vous faire parvenir à bon port, chez ses partenaires les frères franciscains de Tetouan ou la petite famille de Roule ta Bille (www.roule-ta-bille.com). Tanger, trois minutes d’arrêt ! Correspondance pour l’Europe, quai en face.




A l’ouest, plein de nouveau

27012009

   

Meknès
Album : Meknès

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 « Allez, allez, chouf, ça coûte rien, et puis, hein, c’est quand on ne veut pas acheter qu’on fait l’affaire du siècle. Regarde, ça, ça s’appelle damasquinerie, c’est la spécialité à Meknès, on en fait ici, à Fès, et c’est tout, unique au monde, regarde là c’est moi au salon de l’artisanat à Strasbourg. Regarde, on fait comme ça. C’est beau, hein ? Du jus de citron, de l’huile d’olive et ça brille comme neuf. Au musée il y en a qui ont… oh, deux siècles ! Avec du jus de citron, ça brille. Ca te plaît ? Premier client de la journée, c’est symbole. Tout est symbolique vous voyez : ça, c’est berbère, chouf, avec le tatouage que les femmes elles ont au menton, et le bien et le mal croisés pour chasser le mauvais oeil. Allez allez, pour vous, prix mas-sa-crés. Je te fais le chameau au prix du bourricot. La moitié de la moitié, moins cher que gratuit et ne me dit pas que tu veux le chameau au prix du poulet… Dis tu serais pas un peu Berbère des fois ? » Que se passe-t-il quand un Français et un Berbère se rencontrent ? Il y en a un qui achète et l’autre qui vend… il nous avait prévenu M. Abdou, quand on est rentrés dans sa boutique !

     Ici, c’est l’ouest. On croyait innocemment que la fracture, en Méditerranée, c’était sud contre nord, que la vieille division est-ouest, c’était fini. Eh ben… en fait… pas vraiment ! Avec les couleurs de l’Italie, l’architecture de l’Espagne, les cafés de France, nous avons décidément quitté les pays « arabes ». Le Maroc, c’est à part. Même la cuisine ressemble à chez nous. Pourtant, dans le marché de la vieille ville de Meknes les produits sont les mêmes que dans n’importe quel souk visité depuis la Syrie. Du Caire, à Damas en passant par la Jordanie, on croise les mêmes étalages d’oranges, de tomates, de dattes et de haricots. Ici aussi les pâtisseries dialoguent avec le merlan pas toujours frais, la tête de chameau nargue le ragoût de mouton, la tunique voisine avec les lampes en ferronerie et, partout, les vieux conversent assis pendant que les jeunes s’époumonent en interpellations promotionnelles. Mais l’ambiance marocaine est différente. Plus calme, peut être aussi moins touristique, ce marché est coincé dans des ruelles aux tonalités méditerranéennes : les couleurs chaudes des bâtisses reflètent une certaine douceur de vivre, malgré la fraîcheur toute hivernale du plateau. 

     Ici, il y a des croissants et de la baguette, mais ce n’est pas que ça : le pain local a de la mie, le tajine, c’est finalement une potée cuite dans un plat à tajine (et ce n’est pas évident de manger son tajine avec du pain qui a de la mie !), les collines verdoyantes ont remplacé le désert, les villes aux ruelles enchevêtrées, les maisons ocres, rouges, jaunes, les tonnelles, les arcades, les platanes, les terrasses, où les hommes et les femmes mêlés sirotent un café pas turc ou du thé à la menthe, tout ça, ça ressemble à l’Espagne, à la Provence. Et les gens, les gens, eux, sont différents, eux-aussi. Par la tête. Par la taille. Par la langue : un arabe qui sonne différemment, et de temps en temps, une petite expression de chez nous, pour faire jeune et branché ! Et par l’accueil. Nous sommes ici des clients normaux et de toute façons, presque partout, les prix sont fixes : pas de marchandage, pas de vigilance méfiante souvent usante. Partout, la bonne tête de Mohammed VI conforte cette impression de vie facile, même si quelqu’un nous dit, par la portière de sa camionnette : « hein, il est beau le Maroc ! Mais c’est pas facile tous les jours, la vie quand même ». Pourquoi ? Nous n’en saurons pas plus.

     Nous cherchons une brosse à dent que nous trouvons à la « pharmacie du Progrès », des cartes postales qu’on achète au « tabac-presse du Roi ». Il y a moins de mosquées, elles n’ont pas de portes à pendentifs, elles ont un minaret carré, mais lorsque le muezzin chante, bien moins fort qu’ailleurs, on croise un flot qui se dirige tranquillement vers la mosquée : des vieux en djellaba, mais aussi des jeunes en jean et baskets qui ne dépareraient pas en plein Paris, et même des femmes. Sur la grand-place, il y a un vieux conteur qui rythme son récit de quelques notes de guitares, des acrobates qui parlent pendant des heures avant de faire leurs pirouettes et réclament au public cinq dirham de plus « pour la baraka », un vendeur de bâtons de réglisses, un « peseur public », un groupe de jeunes musiciens qui a sorti les enceintes, des femmes assises sur les marches, un homme qui harangue la foule, mais en arabe on ne comprend pas, et des terrasses qui se remplissent à partir de 15 heures. Pourquoi ? Peut-être parce que maintenant, le vent a faibli et que le ciel est bleu ?




Le grand bond en avant.

26012009

La plaine marocaine
Album : La plaine marocaine

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Le Caire – Casablanca
Casablanca – Rabat

 

A chaque croisement d’une route un peu en pente, on guée le carrefour avec de l’eau au dessus des jantes. Le bombement de la chaussée ne suffit plus à évacuer ce qui tombe du ciel. L’eau ne coule plus dans les fossés débordant à la fois sur la moitié de la route et dans des champs déjà inondés par trois semaines de pluie. Tout est trempé, tout est verdoyant, ou noyé sous une eau rougeâtre qui transforme les ouadis en rivières congolaises. Au loin, le long de la côte, le vent soulève des vagues ocres : l’océan est sali par toute l’eau qui descend de la plaine marocaine. Les échassiers de toutes plumes (et non de tout poil) sont ravis. Nous, moins, mais toute cette eau a au moins pour avantage qu’on ne s’ennuie pas !
Hier, grosse étape (5000 kilomètres à peu près). On quitte nos hôtes de choc pour donner nos derniers coups de pédales au Caire. Ils sont assez banals : 20 kilomètres d’autoroute, et à la fin un superbe aéroport avec bancs, plantes vertes et comptoirs d’enregistrement. Une splendeur. Nous faisons passer nos 35 kilos de bagages, nous emballons les remorques comme une araignée emballe ses mouches, et c’est parti. Seul fausse note : à force de transférer le plus de poids possible de la grosse sacoche au bagage cabine, Bruno passe le portique avec son Opinel, les sangles étrangleuses, l’outil multifonction et même, même, une pistolet en plastique trouvé sur une route de Croatie… Certain récoltent des cailloux, d’autres du corail ou des diamants ; Bruno, lui, garde les joujoux en toc ! Du grand art, on s’imagine déjà croupissant dans une cellule égyptienne ! Heureusement, ce n’est pas Israël ici, on fait un sourire, un aller retour express pour dire coucou aux gens qui chargent la soute et ça passe !
Et nous arrivons au Maroc. Contraste ! De la brume, de la vraie, avec de l’eau, pas du smog ! Du vert, arrosé par la pluie et pas par le canal ! Des douaniers qui ressemblent à des généraux en grande tenue. Et du français partout. L’Egypte est à part parmi les pays arabes, elle est déjà un peu africaine. Ici, c’est plutôt déjà un peu l’Europe. Ca fait plaisir !
Alors, sur une nationale toute française, bordée d’eucalyptus aux troncs de platane, dans un paysage qui ne déparerait pas dans les Yvelines ou la Seine et Marne, on accepte la pluie de bon coeur. Comme dans un cliché de Doisneau, on perd dix ans d’âge et autant en crédibilité en levant les jambes pour passer les flaques d’eau. Au détour de rien, Bruno pile. Il saisi l’appareil photo et flashe par terre… Un tajine rampant ?? Un coucousvobilis ? Non, juste une plante qu’il ne connaît pas ! Rousseau est en marche sur les terres marocaines, attention.
Sur les panneaux, des inscriptions poétiques : centre fixe de mesure des charges de poids lourds, pharmacie Bensliman, lavage-vidange-révision complète, gendarmerie royale, boulangerie, marbres Ababou, tombes et monuments, ou la table fleurie, restaurant. Du français ! Du français partout ! Des rues bordées d’arcades avec des petites boutiques et des terrasses. Des tagines à 2 euros. Du bon pain, du vrai. Des gens en costume trois pièces, d’autres en djellaba star wars mais pour la plupart habillés comme à la maison ou à peu près, filles comme garçons. Des gens en survêtement qui courent sous la pluie pour aller plus vite qu’Hicham. Des bâtiments industriels de SARL comme dans les campagnes françaises. Des gens sympas. Bref, un agréable mélange de ce qu’il y a de bien au sud et au nord de la Méditerrané. Sauf qu’ici, ce n’est pas la grande Mare, nous sommes sur la côte atlantique : nous n’irons pas plus à l’ouest.
Passé Rabat, où nous découvrons la ville marocaine, ses places à arcades, ses rues bondées de joyeux drilles, ses restaurants pas chers, ses administrations à sigles, nous filons dans l’intérieur des terres. La fête à l’espagnole, ou plutôt à la marocaine, ça suffit pour une soirée. Meknès, 140 kilomètres. Petit pèlerinage pour JB dont les deux papis ont fréquenté la base aérienne et surtout, premier site UNESCO au royaume des chérifs.
Il fait meilleur, même si les averses ne manquent pas. Et sous le soleil, la campagne resplendit. Comment imaginer qu’il existe tant de sortes de vert ! La forêt de chêne-liège et son gazon de conte de fée, les champs à perte de vue dans les collines, les oliviers, les haies, les figuiers de barbarie le long de la route, et partout un petit air de printemps grâce aux fleurs oranges qui couvrent les talus. C’est grandiose et, vent de dos aidant, on se retrouve sous les remparts de Meknès en deux temps (avant déjeuner, après déjeuner) et trois mouvements (lever le pied, tourner, appuyer)…




Quelques informations sur la suite des événements.

23012009

  Bonjour à tous. Voilà un petit mot pour vous informer de notre programme pour les semaines à venir. Après 17 jours d’attente au Caire et plusieurs matinées passées à l’ambassade de Libye nous n’avons toujours aucune confirmation attestant ou non de l’obtention de ce fameux visa de transit.  Ce visa, nous pensions l’obtenir facilement et dans un délai de maximum 10 jours. Entre le moment de la préparation et notre arrivée au Caire, les règles du jeu semblent avoir un peu changé pour les Européens. Est-ce à cause des relations diplomatiques franco libyennes pour le moins tendues, est-ce une mesure de rétorsion envers les ressortissants européens, est-ce une enquête approfondie sur notre parcours des derniers mois ? On n’en sait rien, nous n’avons aucune information mais une chose est sure, la Libye dissuade franchement de passer par son territoire. Trois semaines en Egypte, on ne crache pas dessus, ce pays est fascinant.  Mais au bout d’un moment, l’attente commence à être longue, on a besoin d’avancer et pour des raisons de motivation, de budget et de timing on ne peut plus rester en stand by. En l’absence de toute perspective nous avons donc décidé de sauter la Libye et de faire un grand bond aéroporté jusqu’à Casablanca au Maroc. On se résigne, on ne fera pas nos 30 heures de bus entre Le Caire et Tripoli, on suit la décision de deux de nos collègues cyclistes : les2pédalent.unblog.fr. Alors pourquoi sauter la Tunisie et l’Algérie ? Pour des raisons évidentes de sécurité en Algérie, il nous est impossible de traverser l’Algérie en vélo. Nous avions dès le départ prévu de traverser ce pays en train en faisant Annaba – Alger puis Alger – Oran. Une belle aventure ferroviaire ponctuée d’étapes en bus en raison de récents éboulements de terrain sur les rails. 

 La frontière terrestre algéro – marocaine étant fermée, le plan était de prendre un bateau Algérie – Espagne puis  Espagne – Maroc. C’était une petite complication en plus, très onéreuse en temps et en argent, mais à raison d’un bateau par semaine cette petite complication était surmontable. Notre attente en Egypte, beaucoup plus longue que prévue a décalé tout notre planning et disons-le, elle a quelque peu entamé notre motivation pour soulever toutes ces embûches administratives. Train, bus, bateau et traversée de l’Algérie, on se le sentait tant que nous étions dans les temps pour arriver avant  Avril en France et que nous pouvions faire un tour de la mer à peu près complet. Mais là, tout est décalé, nous serions obligés de tracer tout droit en Espagne en sautant l’Andalousie voire le Maroc. Notre rêve de grand fil ininterrompu prend donc du plomb dans l’aile, il perd de son authenticité. Pour autant, il y a du bon dans cette décision. D’abord, cela nous permet de repartir, d’avancer et de pédaler dans la bonne direction sans risques et embûches administrative. Après quatre mois sur les routes, l’envie d’arriver se fait forte. Le Maroc et le Sud de l’Espagne sont deux zones importantes dans le projet. Avec ce raccourci, nous aurons le temps de passer par Fès puis l’Andalousie. Le programme est donc le suivant : Le 24 janvier nous prenons l’avion pour Casablanca. Après plus d’une semaine passée dans la tribu des Desgrées du Caire, nous quittons le confort de cet accueil génial à durée complètement indéterminée pour reprendre la route. Caroline, Guillaume et toute la clique, (en particulier Etienne qui nous a prêté sa chambre) on profite de ces quelques lignes pour vous adressez un immense merci ! Alors… et bien un immense merci  à la famille de JB et à Dina ! Arrivés au Maroc, nous prendrons la direction de Fès – Meknes puis Tanger. Nous passerons Gibraltar puis nous irons vers Séville, Cordoue et Grenade. Ensuite, nous entamerons la remontée vers la France, passant par Barcelone, Perpignan et Marseille. Enfin, on se programme un petit défi, Marseille – Paris en un minimum de temps… Voilà pour le programme, nous espérons que vous comprendrez notre décision. A bientôt sur le net dans le pays des tajines.  Merci pour vos messages de soutien. Soyez certains qu’on  les lit et relit. Et puis à tous les copains, ce n’est parce qu’on ne répond pas aux mails qu’on ne pense pas à vous… La bise du Caire  Jb et Bruno   




Un sponsor de poids: Wavesoft

19012009

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Wavesoft: Editeur de logiciel CRM: gestion de relation client GRC, logiciel gestion de stocks.

Wavesoft s’inscrit dans notre opération le relais des entrepreneurs. Entreprise jeune et en pleine croissance, Wavesoft développe un logiciel de gestion particuliérement adapté aux PME. Cette entreprise  nous parraine à hauteur de 15OO € couvrant ainsi une bonne partie de la rive sud Méditerranéenne. Tout aux long des 4500 km sponsorisés, nous ferons de la promotion pour cette innovante PME qui développe (entre autres)  son business dans les pays du Maghreb.

Un sponsor de poids: Wavesoft pdf dossierdepressewavesoft.pdf




Point Presse

19012009

Article du « Republicain » paru le 25 décembre… mieux vaut tard que jamais.

Point Presse pdf articlerpublicain25dcembre.pdf




Retour à la montagne

19012009

  

Sinaï
Album : Sinaï

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Celui-là est assez gros, mais en dessous, il y en a un petit, et la forme de la pente semblerait bien indiquer que le petit est seul en dessous et que donc… alors que celui-ci est bien enfoncé ; le problème est qu’il est bien lisse et qu’il a une couleur de poussière qui pourrait signifier qu’il est couvert de sable et alors… ah, ici peut-être, un peu anguleux, mal posé, mais étant donné la taille de celui qui est à gauche et qui semble n’avoir pas bougé, il devrait plutôt ressembler à une marche qu’à un pivot : pied droit. Flûte, ça bouge, celui-ci est trop rond, il glisse, celui-là est un peu loin mais il a de bonnes aspérités et il est posé bien à plat et de toutes façons c’est le dernier avant cette partie en gravillons dangereuse : pied gauche avant que le pied droit n’ait fini de se tordre complètement sous le poids du sac. Celui-ci est entre deux graviers : il est calé ; celui-là sur un seul, mais bien lourd : ce dernier… Tourner les pieds, c’est bien sympathique, mais qu’est-ce que c’est monotone ! Alors qu’un bon sentier, pierreux, caillouteux, raboteux, et surtout, raide, cela sollicite toutes les capacités physiques, intellectuelles et mentales de l’homme ! Cela grandit ! Cela élève ! 

Et nous nous sommes élevés. Las d’attendre nos visas libyens au Caire, nous fuyons. Alexandrie, le Sinaï ? La montagne, c’est tentant, mais c’est un peu loin : 450 kilomètres au moins, dans le désert. Alors Alexandrie ? Oui, mais nous ne sommes pas très motivés. Alors ? LE BUS ! Sept heures de bus pour atteindre Ste Catherine, au cœur du désert du Sinaï, au pied du mont sacré où Moïse reçut, paraît-il, les tables de la Loi. Nous sommes sur place un peu après 20 heures. Nous mangeons, du kochari pour changer, et faisons l’emplette de quelques paquets de biscuits : la boulangerie est fermée. Maintenant, la question à mille francs : où dormir ? Là, sur le banc ? Trop de lumière. Un peu à l’écart du village, dans le désert, sur le sable plat ? Pourquoi pas. Mais en fait, nous ne sommes pas très fatigués, après une journée à  ne rien faire dans un bus égyptien. Alors, va pour le sommet. Nous aurons un beau lever de soleil. 

Et nous voici partis en rando à 20h40, sans carte, ni aucune idée du chemin. Nous passons devant un gendarme véreux qui veut nous faire croire qu’il est obligatoire de prendre un guide, puis devant le monastère le plus ancien de la chrétienté, endormi derrière ses murailles, et nous trouvons la Voie. L’escalier d’Elie. 7000 marches, mais nous ne les comptons pas parce que nous nous croyons sur le sentier normal. Nous sommes juste un peu étonnés de voir la tête de ce sentier où, paraît-il, passent des dromadaires…  Et l’escalier monte, monte, monte, escalier de géant, digne d’une entrée en Mordor. Des marches énormes, des murs, des arches au dessus d’une faille, et là, un petit jardin : une cabane et deux arbres au milieu de ce désert de pierre. Loin, entre les lèvres de la gorge, on aperçoit un ciel d’avant l’éclairage public. Et enfin, nous parvenons à la petite chapelle posée au sommet de la falaise sud-est, et aux terrasses qui l’entourent. JB monte la tente, Bruno préfère un petit coin entre deux rochers, un peu au dessus des terrasses. Nous nous couchons à 23h, au lever de la lune. 

Samedi, 5h30. Le mont Moïse se lève plus tard que Paris. Du bruit. JB ouvre la tente et se trouve nez à pieds avec une armée de touristes, menés ici à dos de Bédouin par les dromadaires : le lever du soleil sur le mont est apparemment très, très couru… Grosse déception pour deux bonnes centaines de personnes qui se sont levées à 3h du matin pour voir le soleil émerger bêtement des nuages au moins une heure après son lever. Rien de bien enthousiasmant. Lors, voici tout le monde reparti. Après une courte, mais vive négociation avec le propriétaire-loueur des matelas que nous avons trouvés apparemment abandonnés dans une anfractuosité la veille en arrivant, nous filons vers le monastère, à nouveau par l’escalier : mais où donc est ce chemin ? Emerveillement. Cette montagne est un pic de grès rose, creusé de tafonies, se détachant sur un ciel saharien. Et en bas, tout en bas de l’escalier du ciel, le monastère Sainte Catherine, un jardin dans le désert. Envahi de Russes et d’Italiens, mais tout de même ! Quel miracle ! Et au milieu de ce jardin d’oliviers, une perle de monastère orthodoxe, calme, rose et bleu, et sombre aussi, plein d’encens et de saints martyrs. 

A midi, nous voici à nouveau inactifs. Nourris, reposés… que faire ? Hophophop, il paraît que le point culminant du massif, ce n’est pas le Moïse, c’est le Sainte Catherine. D’après le Routard, c’est plus haut, plus loin, il faut cinq heures pour y aller, avec un guide, et le coucher du soleil y est magnifique. C’est parti. Top chrono, deux heures trente-cinq plus tard, nous posons le sac. C’est haut, c’est beau, c’est désert, c’est la montagne. Loin de l’escalier de Moïse, il y a un petit refuge toute propre, une chapelle, un livre d’or… il ne manque plus que la croix pour être dans les Alpes. Et un peu d’eau et de pelouse… En revanche, le froid et le vent sont bien là : un grand vent qui fend les montagnes et arrache les rochers. Alors, après la sieste, nous filons dans la cabane, dont nous ne sortons que pour voir s’enflammer pour nous tout seuls tout l’horizon du Sinaï. Splendeur du monde, et bonheur parfait. Il nous faut rentrer au Caire, alors, nous nous couchons à 19h. Lorsque nous nous levons à 2h30, pour descendre sous la lune, il n’y a eu ni tremblement de terre ni ouragan de feu, mais il y a une brise légère. Décidément, oui, « je veux marcher sur les échelles du ciel, être des voyageurs de là-haut », comme dit Samivel. Pour JB, on ne sait pas, mais pour Bruno c’est sûr : si prochaine fois il y a, le voyage sera en montagne. Et en attendant, il faut rentrer dans les Alpes. VIIIIITE ! 




Le gratin cairote…

19012009

Peuple Egyptien
Album : Peuple Egyptien

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Do mi si … Le Caire, le Caire, deux semaines d’arrêt ! Voilà donc plus de quinze jours que nous sommes plantés en Egypte. La Route de l’Olivier n’a pas calé, non,  elle est en attente. En régate, on appelle ça aussi une waiting period, le marin attend une fenêtre météo favorable pour mettre les voiles. Nous, on attend. On attend quoi ? Parfois on se le demande. Cette situation est tellement frustrante que parfois on évite d’y penser. On attend un tampon, un vulgaire sceau d’encre sur un bout de papier, un sésame indispensable pour notre entrée en Libye. Nous, Européens habitués à notre bien aimé espace Schengen, on en prend de la graine : n’importe qui attend au moins un mois avant d’entrer chez nous ! Attendre un hypothétique visa est pour le moins pénible. Le dénouement de la crise  devrait avoir lieu le 20 ou le 21 janvier dans les bureaux de la chaleureuse ambassade de Libye au Caire. Deux scénarios seront alors possibles. Soit nous obtenons ce visa de transit valable 10 jours et on s’embarque alors pendant 36 heures dans un bus direction Tripoli, soit la réponse est négative et pour des raisons de budget nous serons alors obligés de prendre un avion directement pour Casablanca au Maroc. D’ici là nous attendons. Wait and see, comme dit Mortimer. Alors on meuble à notre façon.

Attablés dans un petit resto au pied du mont Moise à Sainte Catherine, deux français regardent un peu dans le vide, la tête dans leur assiette de kochary ; chacun essaye de se motiver comme il peut… Mélancolique, l’attente commence à être longue, stagner n’est pas dans notre nature et le départ d’une équipière de choc plombe profondément le moral d’un autre…  Pour se changer les idées, on pense à la montagne que nous allons grimper dans quelques heures, on pense aux deux semaines exceptionnelles que nous venons de vivre qui nous ont fait découvrir un peuple finalement très attachant. 

Arrivés à deux au Caire, c’est à trois finalement que nous avons découvert l’Egypte. Le Caire pour  JB était une  étape  attendue, rêvée  et maintes fois ressassée durant les trois derniers mois. Magie de l’avion traceur de ligne droite et réducteur de distance, c’est dans cette agglomération grouillante  que  pendant un temps, le tandem Bruno JB s’est transformé en Tridem avec la venue de Charlotte. 

Au cours de ces deux semaines, notre vision du peuple égyptien a bien changé. Tous trois étrangers dans un pays dans lequel nous ne maitrisons ni la langue ni la culture nous n’avons donc qu’une vision partielle et superficielle de la chose. Nous écrivons ce que nous avons ressenti, ce que nous avons vécus en temps qu’humble  petit observateur. 

Notre premier contact avec les Egyptien fut quelque peu tendu. Déconcerté par les sollicitations en tout genre, l’interdiction « pour la sécurité du touriste » de tout ce qui est inhabituel et un système de deux poids deux mesures établi autour du sacro saint bakchich, plusieurs expériences vécues, nous ont conforté dans l’idée que le tourisme à outrance avait changé profondément les comportements. Au pied des pyramides, un panneau indique qu’il est formellement interdit de grimper. Déçu, Bruno se ravise. Un homme l’aborde et l’autorise à grimper moyennant finance… Bruno ne veut pas le suivre, il choisit sa face. Le type gêné lui rétorque alors que c’est pas possible car c’est interdit. Au milieu des tombes de Sakkara c’est le gardien lui même qui nous coince dans un coin et nous autorise à prendre des photos contre quelques livres, à l’entrée, un panneau interdit pourtant formellement les clichés. Sur les bords du Nil à Louxor, pas moyen de se balader sans être sollicité tous les 5 mètres par un felouquiers ou un cocher nous vantant les mérites de son embarcation ou de sa calèche. Dans les rues du souk du Caire et de Louxor chaque commerçant ou presque y va de son « where do you from » et «  I give a good price for you » pour que nous rentrions dans sa boutique. Parfois même, ils nous bloquent  le passage. C’est pesant, c’est énervant c’est exaspérant  et notre enthousiasme est peu à peu affecté.

Orgueilleux après ces milliers de km parcourus sans encombres,  nous n’acceptons pas de nous faire rouler dans la farine. Petit à petit, on ne fait plus confiance en personne, on ignore les sollicitations. Réaction d’exaspération,  parfois violente, souvent stupide, nous ne comprenons pas que c’est un simple jeu. Pour un pound ou deux nous nous énervons. Charlotte qui débarque de France ne comprend pas notre obstination. Elle a bien raison. Un pound, finalement c’est jamais que 12 centimes d’euros… Oui mais un pound, c’est la moitié du prix d’un sandwich falfafel… Bienvenu au royaume des radins de la route ! 

Le temps passe et à mesure que nous nous détendons nous acceptons le jeu, nous comprenons la réalité. Le peuple égyptien est un peuple qui aime les blagues et le contact humain. « l’humour n’est t-il pas l’arme des pauvres ? » nous demande un professeur de français croisé dans le métro ? Oui, sans aucun doute. L’humour est bien la soupape de ce peuple qui vit dans des conditions difficiles, et c’est tout à son honneur. Un peu honteux de nos première attitudes hostiles, nous nous adaptons à ce jeu et révisons les règles à notre manière.  Dans le temple d’Hamon,  un policier nous aborde. Dans un premier temps, on se demande bien ce que l’on a oublié de payer. Un peu parano sur les bords, il nous demande simplement du feu. D’une main, Charlotte lui tend le briquet de l’autre, elle demande un bakchich. Le policier comprend la boutade et nous sort sa liasse de billet. Sourires partagés. Dans les rues de Louxor, on nous propose une calèche, on rétorque en proposant un taxi.  Non, je n’ai pas besoin de lunettes de soleil en plastique chinois, mais si tu veux je te fais un bon prix pour les miennes, tu a le soleil dans les yeux. Une felouque ? OK, si tu montes dans ma calèche… Et ainsi de suite. L’Egyptien sourit, voire rit franchement, parfois discute un peu, gentiment, l’atmosphère se détend et la négociation pour le kilo d’orange est tout de suite plus agréable. 

En se baladant le long du Nil, on traverse à pied des villages de maisons en torchis. Les rues de terre sont poussiéreuses traversées ça et là par des ânes chargée de marchandises. Une moto pétaradante klaxonne à tout va au passage de Charlotte. Dans une société ou les rapports hommes femmes sont extrêmement codifiés, le passage d’une Occidentale ne se fait pas sans un déluge de regards et de petits sifflements. Par là, des gamins poussent des charrettes et nous quémandent de l’argent, par ici des taxis collectifs bourrés à craquer s’arrêtent et nous proposent de monter. Where do you go ?? Ces villages ne sont pas inscrit dans les guides touristiques.  Ces villages semblent ne pas avoir bougés depuis des millénaires.  Derrière les portes colorés creusées dans des facades jaunies, on aperçoit des sourires de femmes. A notre passage, timides, elles nous saluent, certaines se cachent, d’autres rient. Deux êtres main dans la main qui se promène simplement, c’est peu commun ici.   Dans les champs, les hommes travaillent la terre. Ils nous sourient, interrompent leur travail et nous font un signe du bras. Puis c’est au tour d’un grand père copte de nous inviter chez lui pour boire le thé. Un peu refroidis par une mauvaise expérience matinale, on hésite. Est ce une invitation à double tranchant ? Finalement, on laisse sa chance à la rencontre. On laisse une chance aux rapports humains désintéressés. On veut y croire. Il nous ouvre la porte de son jardin et nous fait découvrir son arche de Noé personnelle. Haramdulilah je suis un homme comblé nous dit-il. Autour d’un thé, on sourit, on fait les présentations et si comme d’habitude le dialogue est limité par la barrière de la langue, il nous aura au moins permis de renouer avec la confiance en l’autre. Loin des villes, loin des flux de touristes, les rapports sont  plus francs, plus vrais, ça fait du bien. 

Puis c’est finalement le soir de notre départ de Louxor que l’on prend pleinement conscience de la joie de vivre de ce peuple. Attablés tous les trois autour d’un énorme kochary ; notre table en terrasse donne sur la rue. En face de nous, deux vendeurs de fruits et les légumes en djellaba gesticulent. L’un, costaud, a la barbe abondante, l’autre, chétif, nage dans sa robe trop grande : ce sont les Laurel et Hardy de l’agrume… Ca crie, ça rigole, ça se tape dans le ventre. Devant l’étalage, c’est la cohue. Les copains du quartier se rassemblent. Un groupe de Japonais passe. Ca négocie dur. Le gros fait l’ours, le petit se marre et glisse en douce quelques fruits en plus dans le sac. Sourire en coin, c’est toujours ça de pris. Le Japonais est joyeux, mais coriace : il ne se laisse pas avoir. Djellaba taille XXL fronce les sourcils, il a l’air contrarié. Ca fait partie du jeu. Faudrait quand même pas entacher sa réputation auprès des copains derrière qui fument le narguilé. Finalement, le kilo est négocié un bon prix. Chacun semble y avoir trouvé son compte et Laurel fait un clin d’oeil à Hardy. On ne saura jamais à combien ils les ont vendu ces bananes. Surement plus cher que le prix local. 

Une orange tombe de l’étalage. Le gros jette un oeil. Occupé par la manipulation de charbons ardent à main nues pour alimenter sa chicha personnelle, il donne une tape dans le dos à son frêle compagnon. La menue jellaba relève sa robe à la manière d’une bonne sœur. Elle court et s’en va plaquer la rebelle orange. Il s’en faut de peu pour éviter la catastrophe. Au moment ou Hardy atteint l’agrume, l’amicale louxorienne de la mob trafiquée fait une démonstration de roue arrière dans la rue. Agglutinés à trois sur une sorte de pick-up/triporteur, la technique de levage est encore au banc d’essai. Sur  la plateforme arrière de son engin deux montagnes de chair font contrepoids. Le pilote allume les gaz et la moto se cabre. Slalomant entre les calèches et les étalages, le pare-choc frotte, ça fait des étincelles, et ça amuse la galerie. Hilare sur notre table on n’en revient pas. Derrière, alors que le plongeur du resto bée devant les artistes, son collègue l’arrose abondamment. Difficile de tout suivre en même temps. Efficace on quadrille le secteur en trois. Chacun sa partie et on se raconte ce qu’on voit. Du grand bonheur. 

De retour au Caire après cette escapade louxorienne. On se prend à aimer cette ambiance, ce bazar, ce bruit et la chaleur humaine qui s’en dégage. Crapahutant dans les rues hausmanniennes du centre, découvrant l’incroyable citée des morts et sa boutique de souffleur de verre, on observe… De la réprimande policière au kilo de cacahuète, tout semble se négocier. L’important n’est pas tant l’achat que le contact, le dialogue. Dans la rue, dans les taxis, dans le métro, sur la route, dans le désert tout le monde parle, crie, rie ou aboie, c’est un joyeux tintamarre, c’est usant, mais c’est vivant, on aime, on prend vite le pli. Sur une tombe, chez les souffleurs de verre, une Française négocie quelques verres. 20 pounds ! Non 25 ! 20 ! 24 ! allez 20 pound hallas, mahfich mouchkillah… Pas loin, dans l’arrière boutique, un autre Français fait semblant de chiner, il se cache, presque gêné par cette âpre négociation. Oui, décidement on prend vite le pli, marchander, c’est un art, un acte social, il y a un gros bout d’Afrique dans ce pays. « Au début je détestais, maintenant, je me sens presque chez moi… » 




Râ, Râ, Râ

15012009
Louxor, vallée des rois et temple dHamon
Album : Louxor, vallée des rois et temple d'Hamon

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Louxor et Karnak
Album : Louxor et Karnak

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Râ ! Râ ! Râ !

Ce n’est pas la PLM (Paris Lyon Marseille… vieille compagnie de train, pour les jeunots.), mais c’est tout comme. 9h30 à l’aller, 10h au retour, des wagons gris de poussière, une locomotive qui halète, des vendeurs de thé et de sandwichs SNCF dans les couloirs : retour à l’âge du chemin de fer. L’Egypte a ceci de bien qu’en dépit d’un dépaysement certain, on retrouve parfois les traces de très anciens rapports, pas toujours très équilibrés peut-être, avec l’Europe. Nous voyageons, donc. A l’ancienne. Pas comme des bobos occidentaux modernes et masochistes, ni comme des hommes d’affaires pressés qui se déplacent plus qu’ils ne voyagent. Vive le train ! Il m’entraîne au bout de la nuit, le tchoutchou de minuit, il m’entraîne jusqu’à la folie. Car oui, bien avant les Romains, ils étaient fous, ces pharaons !

Louxor, ses temples, ses calèches, ses cargos porte-touristes, son ciel bleu, et son désert. Trois jours pour admirer l’Egypte ancienne. C’est peu ? Certes, mais c’est loin de la Méditerranée. Nous sommes presque sous les tropiques. Dans le désert, la vallée des Rois est assommée de soleil. Sous la terre, un univers de bleu, de rouge et d’or. Au pied de la montagne sacrée, une ligne droite : limite entre le sable et les champs. Entre les deux, des temples grandioses, écrasants de majesté ou ravissants par la perfection de leur sculpture et de leurs couleurs. Bref, l’Egypte. Il y a tout et nous avons du mal à le croire, avec notre référentiel occidental. On admire : que faire d’autre ? Et inconsciemment, on compare. Oui, c’est plus grand que Baalbek. Oui, c’est mieux peint que les Météores. Flûte. Que va t-on devenir ?

Rassurez-vous, on se contente de se poser la question et, pas fous, on rentre. Tout est plus humain dans la ville arabe. A Louxor, nous sommes en territoire connu : on refuse les balades en calèche, les lunettes de soleil, les traversées en felouque, les bakchichs de tout poil et les oranges à dix livres le kilo. On se bat, on marchande, on se fâche, on s’impatiente et en fait, même si c’est pénible, nous ne sommes pas si malheureux : ô, joie de voir un touriste se faire embobiner ! C’est curieux, ce pays où soixante millions d’habitants et des monuments d’il y a cinquante siècles cohabitent sur une bande de terre d’à peine vingt kilomètres de large. C’est difficile à appréhender et d’ailleurs, nous fuyons… Sur la terrasse de notre hôtel propret et à la limite du gratuit, nous sommes bien.

Et puis, par contraste, que nous apprécions le calme de la campagne et l’accueil de ses habitants ! Dès qu’on s’éloigne des quartiers touristiques, les hommes-calèches sont bien moins oppressants et c’est les taxis collectifs nous emmènent dans ses villages en torchis. Le pick up file sur une route cahotante, on est balloté sur la plate forme arriére, pour s’arrêter, il suffit de taper sur la vitre et de sauter en marche. Encore un rêve de gosse réalisé . A l’intérieur, bien souvent, des femmes, toute de noir vêtues, elles nous indiquent le prix, on peut leur faire confiance. Dans ce pays, si vous voulez une information fiable, adressez vous d’abord aux femmes. La main vissée sur le klaxon, le chauffeur compte sa recette en slalomant entre les anes, les mobylettes, les carrioles et ses collègues. 1 LE la course… 14 centimes d’euros, et ce, même pas négocié. Comprenez maintenant pourquoi on negocie 6 verres à 20 LE au lieu de 25. 5 LE, c’est le prix d’un Kochari !

On saute du pick up pour atterrir dans un village bordant le Nil. Une famille Copte nous invite. Suspicion, pas de Bakshichs ?? Sur ?? On tente notre chance et on s’engouffre dans un jardin aux allures d’arche de Noé. A coté d’une vache française, un ane broute entre des poules et des canards. Dans le fond du jardin, un four a pain en terre cuite fait la fierté de son propriétaire. Présentation, photo, rigolade, on prend finalement le thé en discutant, normalement. Dans le quartier-cimetière du Caire il y a des souffleurs de verre fort sympathiques, et dans les banlieues de Louxor on croise des enfants qui jouent aux billes. Entre les champs irrigués où poussent le persil, la canne à sucre et la patate douce, on marche sur des murettes, le long du Nil, sous les palmiers et les bananiers, dans la lumière rouge du soir. C’est aussi ça l’Egypte : un peu d’Afrique, un peu d’Arabe, des traces de France, et plus du tout de Méditerranée !







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